54 éme Congrès
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6/1/20265 min read
À l’heure où les forces réactionnaires gagnent du terrain, la CGT engage la préparation de
son 54ᵉ Congrès avec une ambition claire : renforcer son organisation, redonner de l’élan
aux luttes et construire les victoires de demain.
Depuis plusieurs mois, la CGT a engagé la préparation de son 54ᵉ Congrès confédéral,
prévu du 1ᵉʳ au 5 juin 2026 à Tours. Dans un contexte de crise sociale, de menaces de
l’extrême droite et d'urgence environnementale, l’enjeu est clair : faire du prochain
congrès un moment de travail sur l’organisation pour relancer l’activité syndicale et
renforcer le rapport de force.
Les organisations du CCN veulent placer au cœur des débats la lutte contre
l’extrême droite et la construction d’alternatives progressistes.
Quelques semaines après les élections municipales et à dix mois de l'échéance
présidentielle, le 54e Congrès se tiendra dans un contexte politique particulièrement
tendu, marqué par la montée des forces réactionnaires et les reculs sociaux imposés
par le capital. Fidèle à son histoire, les organisations du CCN veulent placer au cœur des
débats la lutte contre l’extrême droite et la construction d’alternatives
progressistes pour répondre notamment à l’urgence climatique.
Un congrès de combat face aux nouveaux défis
Dans un contexte mondial marqué par la montée de l’extrême droite, l'accélération de la
casse des droits des travailleur·ses et la prédation des multinationales, une séquence
internationale permettra de nourrir la réflexion collective d’expériences syndicales
venues du monde entier.
Ce rendez-vous et plusieurs temps thématiques permettront d’échanger autour des trois
axes majeurs :
• l’organisation de la lutte contre les extrêmes droites qui gagnent du terrain sur
tous les continents,
• la construction de stratégies syndicales face au pouvoir grandissant des
multinationales
54ᵉ Congrès : c’est parti
du 1ᵉʳ au 5 juin 2026 à Tours
• le renouveau des pratiques syndicales pour répondre aux nouvelles formes
d’exploitation et de résistance dans un capitalisme mondialisé.
Un diagnostic sans complaisance
Malgré un regain de confiance depuis le conflit sur les retraites, il ne faut pas se voiler la
face, la CGT reste confrontée à des difficultés majeures. Popularité et visibilité ne se
traduisent pas suffisamment, ni en adhésions ou en progrès électoral, ni en conquêtes
sociales majeures.
Dans son rapport devant les organisations du CCN, en novembre 2024, Sophie Binet,
secrétaire générale de la CGT, pointait la progression des Ictam (Ingénieurs, cadres,
techniciens et agents de maîtrise) vers le syndicalisme catégoriel, faute d’une CGT en
phase avec leurs problématiques. Elle soulignait également l’extension des déserts
syndicaux, où la CFDT conserve une meilleure implantation, grâce à ses syndicats
professionnels territoriaux.
La baisse continue du nombre de syndicats actifs, l'augmentation du nombre
d'adhérent·es isolé·es et la baisse du nombre de retraité·es syndiqué·es sont autant de
signaux d'alarme. Les organisations le reconnaissent : ces faiblesses structurelles
fragilisent notre capacité à peser durablement dans le rapport de force.
Passer du dire au faire
L’heure n’est plus à l’analyse, mais à la décision. Aussi, l’ambition est de faire des
questions d’organisation le pivot central du 54e Congrès. Parmi les pistes de travail
évoquées, la confédération propose de mieux articuler l’action des structures
fédérales, territoriales et interprofessionnelles afin de gagner en cohérence et en
efficacité pour notamment reconstruire un syndicalisme de proximité, au plus près des
besoins des salarié·es. Elle insiste aussi sur la nécessité de renforcer l’organisation des
salarié·es isolé·es et des Ictam.
Dans ce contexte, le déploiement massif de la nouvelle version de Cogitiel (V2), qui
sera effectif d’ici fin 2026, sera un levier essentiel pour améliorer l’organisation
quotidienne.
Enfin, pour renouer avec l'esprit démocratique d'un syndicalisme de masse,
l’ambition est de redonner toute leur place aux syndiqué·es dans la préparation, la
discussion et l'élaboration des orientations. Chaque syndiqué·e doit pouvoir se sentir
acteur et actrice de notre congrès. Dans cet objectif, une commission « débats
préparatoires » a été mise en place pour associer davantage en amont syndicats et
syndiqué·es.
Un cap vers un syndicalisme « concret » affirmé
En cohérence avec cet objectif, la commission du document d'orientation a pour mission
de travailler un texte plus accessible. Il ne s'agit pas de lister toutes les revendications ou
les positions anciennes, mais de tracer un plan de bataille pour renforcer le
syndicalisme de lutte, gagner des avancées tangibles et s’implanter dans tous les
secteurs du salariat.
Le bilan d'activité devra lui aussi être sans concessions, a insisté Sophie Binet dans son
rapport au CCN. Il s’agira pour la commission en charge de son élaboration d’analyser
non seulement les actions confédérales, mais aussi leur impact réel. Une version
synthétique destinée aux syndiqué·es et aux salarié·es sera proposée, pour démontrer
par des exemples concrets l'utilité du syndicalisme CGT.
Enfin, pour éviter les blocages, la commission « règles et modes de vie » travaille à une
charte clarifiante « qui fait quoi » entre structures, afin d’éviter doublons, conflits inutiles
et dispersions.
Cultiver notre jardin syndical
« Un congrès n’est pas une contrainte statutaire. C’est une chance. La chance de
cultiver notre jardin syndical pour renforcer durablement la CGT. », a souligné la secrétaire
générale de la CGT, qui souhaite que ce congrès impulse un état d'esprit : celui de la
gagne. « C’est ce qui permet de construire un vrai processus de lutte... ».
« La capacité à identifier, dans toutes situations, les points d’appui qui
progressivement permettent de changer la donne. Les étincelles qui permettent de
mettre le feu aux poudres. La capacité, quand on perd par une porte, de repasser par
la fenêtre. La nécessaire lucidité sur les difficultés ne doit jamais légitimer
l’immobilisme ! Il nous faut aussi apprendre à plus et mieux utiliser tout le terrain de
jeu syndical. Jouer en défense mais aussi en attaque. Ne pas être là où nous attend
l’adversaire. Élargir les alliances. Ne pas avoir peur de dire quand on fait bouger des
lignes et qu’on gagne, même partiellement. Oui, on ne gagne jamais tout... »
C’est en assumant la guerre de mouvement que nous pourrons rallumer les étincelles
capables d’embraser les rapports de force. « Oui, toute victoire est toujours provisoire car
nous sommes dans une guerre de mouvement, pas de position. Bref, il nous faut nous
donner les moyens d’être la CGT de la gagne, et c’est comme ça que nous réussirons à
syndiquer en masse et à donner envie aux salariés de rentrer dans nos luttes », poursuit
Sophie Binet.
130 ans de luttes, 130 ans de transformations
Après une année 2025 marquée par le 130e anniversaire de la CGT, le 54e Congrès sera
aussi un moment d'héritage et de projection. L’histoire de la CGT est celle d’une
organisation qui a su se transformer face aux coups durs. Dans les années 80 déjà, face
à l’effondrement du bloc de l’Est, la CGT avait évité l’isolement grâce à un travail en
profondeur.
Cette capacité d’adaptation, de redéfinition de nos rapports au politique et au
syndicalisme international doit aujourd’hui redevenir la boussole de l’organisation.
Pas pour abandonner nos repères de classe, mais pour retrouver l’élan d’un syndicalisme
de masse capable d'affronter les défis du XXIᵉ siècle : fragmentation du salariat, déserts
syndicaux, crise écologique, offensive réactionnaire.
Le statu quo n’est plus une option
La préparation du congrès et l’appropriation des documents de congrès par le plus grand
nombre de militant·es sont déterminantes pour enclencher ce processus.
L’ambition est de reprendre, ensemble, le fil des transformations sans renier notre
ADN.
En effet, rester immobile nous marginaliserait davantage. À rebours de l’air du temps
résigné, le 54e Congrès doit être celui de l'offensive, de l'audace et de la reconquête.
Parce que, comme le rappelait Henri Krasucki dans les années sombres : « Une lucidité
collective, ça se construit. »
Le 54e Congrès et sa préparation se fixent l’objectif de reconstruire avec l’ensemble des
organisations de la CGT et ses militant·es, cette lucidité et cette combativité
nécessaires pour que la CGT soit, demain encore, le syndicat de tout le salariat.


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